Paul D., intègre ENSEIRB-MATMECA Bordeaux en 5/2 en 2025

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Au lycée, j’adorais les sciences, plus précisément l’informatique et les maths. Initialement, j’hésitais sur la manière de construire mon parcours, car de base je voulais être développeur : j’aimais coder. Plusieurs choix s’offraient donc à moi : la fac (classique), l’UTC (l’école d’ingénieur post-bac de ma ville, Compiègne) et la prépa.

De base, la prépa me faisait peur. Je me sentais incapable de supporter la pression. J’avais quand même ajouté quelques prépas de ma région, ainsi que Reims, sur Parcoursup. Lors des résultats, j’ai été directement accepté à Reims et, comme souvent, je me suis lancé le défi de faire la prépa. J’étais surtout sûr que le contenu des cours me plairait. C’est justement pour moi la grande force de la prépa : sa multidisciplinarité. J’aime toutes les sciences, donc la fac risquait de me frustrer.

Lors de la première année de prépa, je dois avouer qu’elle était en demi-teinte, pour plusieurs raisons. J’habitais seul, ce qui était un grand changement, le rythme de la prépa était bien là, et surtout, le niveau était là. Les maths ont été particulièrement éprouvantes, mais je me souviens avoir particulièrement aimé la physique et la philosophie (le thème était le travail, j’ai vraiment aimé !).

Pour des raisons personnelles, c’était donc une année plutôt compliquée. Enchaîner les cours, les khôlles, les multiples DM hebdomadaires, le DS du samedi… c’est un grand changement pour un jeune adulte de 18-19 ans. Mais il faut s’accrocher, car avec du recul, tout est là pour qu’on puisse tenir et réussir. Aujourd’hui, avec le recul, c’était une année importante sur tout les plans.

En arrivant en MPI, j’ai eu un peu peur que ce même schéma se répète. Mais non ! J’ai adoré la MPI. Déjà parce que les profs (comme ceux de première année) sont excellents et vivants ! On les voit tellement souvent que j’avais l’impression d’avoir un lien fort avec eux. Il n’y avait plus la sensation de découverte, donc tout roulait !

Je commençais aussi à mieux comprendre les maths et je devenais vraiment bon en physique. Cependant, je commençais à voir que l’informatique, en tout cas dans sa partie théorique, me passionnait moins. L’ia se developpait au même moment donc c’était moins amusant de coder. J’ai commencé à douter de ce que je voulais faire. Les profs sont d’ailleurs à l’écoute sur ces sujets ! Ils sont là pour ça !!!

Puis viennent les concours… et malgré mes efforts, j’ai été déçu de mes résultats, surtout en philosophie. J’ai donc décidé de faire une 5/2, car ça ne pouvait être que bénéfique. Et ça l’a été ! Il faut s’accrocher, mais ça paie.

La 5/2 fut une année superbe à mon sens. Je progressais, je sentais que je pouvais encore monter. C’est une année qu’il ne faut pas lâcher, même si certains moments sont plus difficiles. Petite anecdote : pour penser à autre chose, je passais mon permis en parallèle de la 5/2. Je conduisais le samedi après-midi, et ça me permettait de penser à autre chose et j’ai eu mon permis une semaine avant les concours, en première session.

Mais il fallait désormais repasser les concours, ce qui fut un peu dur mentalement : plus de rattrapages possibles, la crainte de faiblir… Honnêtement, j’ai préféré les écrits aux oraux. Je n’ai jamais aimé les oraux. Mes notes vont dans ce sens aussi, haha.

Mais j’ai finalement pu intégrer l’école que je voulais, l’ENSEIRB-MATMECA, en électronique.

Aujourd’hui, au moment où j’écris ce témoignage, je suis en 2A. Je voulais prendre le temps d’avoir un avis plus construit sur la prépa avant de l’écrire, alors le voici.

L’électronique, c’est super cool. Comme je le disais, je voulais faire de l’informatique, mais coder avec l’IA, et le domaine théorique ne me plaisant finalement pas plus que ça, l’électronique est un bon compromis. Pourquoi ? Tout simplement parce que j’adorais énormément la physique (M. Jamonneau et M. Michel, merci pour tout), j’aimais aussi les maths malgré mes difficultés (M. De Granrut, merci de m’avoir aidé à combler mes lacunes de première année), et j’ai toujours aimé l’informatique de bas niveau : la question des processeurs et de leur intégration m’a toujours fasciné.

L’électronique, c’est tout ça !

Aujourd’hui, je conçois des circuits en projet, je simule des composants numériques en bas niveau en VHDL, on joue avec des jeux d’instructions, et je fais toujours des maths et de la physique. J’aime ma formation, j’ai même réussi à majorer certaines UE (les grandes catégories de matières) !

Je fais même le parcours ingénieur-docteur, qui prépare à la recherche et à la possibilité de continuer en thèse. Je ne sais pas si c’est exclusif à l’ENSEIRB, mais c’est quelque chose qui m’intéressait particulièrement.

L’école dans son ensemble est pas mal. Il y a beaucoup d’associations pour ceux qui aiment ça (pas moi), beaucoup de soirées pour ceux qui aiment ça (pas moi), et du sport pour ceux qui aiment ça (pas moi non plus). C’est une bonne école… Même si les transports à Bordeaux sont catastrophiques, mais au moins on a le TGV (comparé à Toulouse). NE PRENEZ PAS L’AVION, L’ÉCOLOGIE !!!!

Cependant, je dois parler d’un truc qui pourrait vous arriver, car ça m’est arrivé. À la fin de la prépa, ou plutôt à la fin des concours, j’ai eu un gros coup de baisse de pression lié à tout ça. J’avais jeté les dés, je n’avais plus qu’à attendre. Et ça m’a mis dans le mal : je n’avais plus d’objectif (la prépa était toute ma vie pendant 3ans) et j’ai commencé à douter à nouveau.

Mais rassurez-vous, tout va bien. Vous avez bossé, vous avez vécu pendant trois ans pour ça, tout ira bien. Et les rangs d’admission sur SCEI statistique ne sont pas vraiment parlants (croyez-moi). De même, au moment d’arriver dans votre école, vous douterez peut-être à nouveau, surtout si votre école n’était pas en haut de votre liste. Mais si vous y êtes, c’est qu’elle vous a plu à un moment.

Je comprends aussi que durant la prépa, vous n’êtes peut-être pas sûrs de votre choix. Il est vrai qu’on brasse plein de matières, qu’on n’est pas forcément sûrs de savoir quelle filière on aime vraiment, que tout est très théorique et qu’on ne pense finalement qu’au concours. Mais faites-vous confiance. Tout ira bien, et j’ai confiance en vous.

Pour terminer sur une note beaucoup plus positive, je vais parler de la meilleure chose de la prépa : les rencontres.

En arrivant en MP2I, je ne connaissais personne, et nos groupes de khôlles nous ont été imposés. Aujourd’hui, ces deux autres personnes sont devenues d’excellents amis. De même pour une bonne partie de la classe, avec qui vous allez vivre deux à trois ans ensemble ! Clotilde, Mazen, Milo, Dylan, Nohan, Angèle, Zinnédine, Alexandre, les deux Maxence… tout le monde !

Les rencontres m’ont marqué. Les professeurs sont excellents et se sacrifieraient presque pour votre réussite.

Je repense à toutes ces personnes de ma classe avec qui j’ironisais sur le fait qu’on allait finir nulle part l’année suivant les concours. C’est ça qui me manque dans la prépa.

Ces amis sont sûrement des amis pour la vie, et je serai toujours nostalgique des épreuves que nous avons traversées ensemble.

J’ai douté, mais tout le monde était là pour moi.

C’était dur, mais c’est dur pour tout le monde et on était ensemble.